Article paru dans «Combattre pour le socialisme» n°58 (10 octobre 2015) :

Enseignement public : quelles voies pour le combat pour la rupture avec
le gouvernement, pour le front unique des organisations syndicales ?

 


 

Les militants qui combattent pour le front unique dans l’enseignement, ont réussi à présenter à nouveau une liste au vote des syndiqués dans le cadre de la préparation du congrès de la FSU, qui aura lieu en février 2016 au Mans. L’existence d’un courant se réclamant du combat pour la rupture des organisations syndicales avec le gouvernement, du front unique, du combat en défense de l’enseignement public, est d’une grande importance dans cette période d’offensive généralisée contre l’enseignement public et les statuts, car il peut être un point d’appui pour formuler les revendications des enseignants, au‑delà de son simple rayonnement militant. Le 12 septembre, une réunion nationale du courant Front Unique a permis d’avancer dans la rédaction d’un texte, dont la forme définitive date du 16 septembre, et qui sera l’appel à voter publié par la presse syndicale. Ce texte dégage les perspectives politiques générales auxquelles sont confrontés les enseignants et les personnels de l’enseignement. Nous le donnons ici dans son intégralité.

Il convient cependant d’apporter quelques précisions en ce qui concerne les échéances spécifiques à l’enseignement public en cette rentrée 2015. Cest en particulier lLe second degré et le collège, en particulier, qui sont au cœur de l’offensive contre l’enseignement public, après l’attaque contre l’enseignement primaire qui prit la forme des « rythmes scolaires ».


Les enseignants ont rejeté et continuent de rejeter la contre‑réforme des collèges


Le 10 avril, après des semaines de concertation, de consultation, d’auditions d’experts mais aussi des représentants syndicaux, le gouvernement faisait ratifier au conseil supérieur de l’éducation, instance dont  la fonction est précisément d’être une chambre d’enregistrement, en présence des représentants des syndicats, un projet de contre‑réforme des collèges. Ce projet prétend « améliorer » les résultats des collégiens avec les recettes désormais connues, baisse des heures d’enseignement, et  jusqu’à la disparition programmée de certaines matières (allemand, langues anciennes, classes bilangues et sections européennes), autonomie des établissements (20% de l’horaire), destruction des programmes nationaux (programmation sur plusieurs années), éclatement des grilles horaires, EPI, enseignement dits pluridisciplinaires qui ont vocation à faire éclater les références disciplinaires. Dès qu’il a été connu par les enseignants, ce projet a fait de leur part l’objet d’un rejet quasi‑total.

Ce qui le montre, c’est surtout le fait qu’ils ont imposé aux directions des organisations syndicales qu’elles se prononcent pour le retrait du projet. Cette position, acquise le 31 mars, a bien été imposée. Jusque‑ là, la direction du SNES, par exemple, avait non seulement participé aux discussions, mais même refusé de se prononcer dans ses propres instances pour le retrait. Si la direction du SNES, contre ses propres positions antérieures, a adopté ce mot d’ordre, c’est que dans les salles des professeurs la rage des enseignants s’exprimait.

La direction du SNES, les directions syndicales regroupées dans l’intersyndicale formée à cette occasion (FO, CGT, SUD, etc.)  ont  alors appelé à la grève pour le 19 mai... Pour autant, dans le même temps, elles discutaient des programmes qui seraient appliqués dans le cadre de cette contre‑réforme, et concevaient le 19 mai comme une journée d’action entrant dans un plan destiné à dissiper les forces plutôt qu’à les concentrer vers l’affrontement avec le gouvernement. Le 19 avril, Frédérique Rollet, secrétaire du SNES écrivait :

«Le SNES‑FSU appelle les collègues à diversifier les formes d’action, à organiser des réunions dans les établissements et avec les parents. Il nous faut multiplier les initiatives pour faire de la journée de grève du 19 mai un temps fort à l’appel de la majorité des organisations, un temps fort lors d’un combat qui devra se poursuivre l’an prochain ».

Éparpillement local de l’action, et renvoi à l’année suivante. Le gouvernement ne s’y est pas trompé : alors que le 19 mai la grève a été massive, et a concerné plus de 50% des enseignants des collèges, le décret était publié le soir même.


En réponse réaction à cette mesure, les directions syndicales ont répondu
par un nouveau plan de journées d’action


« S’inscrire dans la durée », c’est le nom titre que porte, pour les appareils, la manœuvre qui consiste à éparpiller les forces et décourager les combattants. Un appel à la grève le 4 juin, et le renvoi à l’année scolaire suivante. Le 17 septembre, l’appel à la grève a été très inégalement suivi dans les collèges, et n’a quasiment pas touché les lycées, alors qu’au printemps, les enseignants des lycées avaient été plus qu’attentifs à la question, se sachant menacés à terme par une telle contre‑réforme.

Les directions syndicales appellent aussi à une manifestation centrale à Paris le samedi 10 octobre. Elle n’est pas dirigée vers le ministère, et de toute manière, ce jour‑ là, le ministère serait vide. Cette manifestation démontre qu’il ne s’agit pas pour les directions syndicales, et tout particulièrement de celle du SNES, d’affronter le gouvernement.

Après trois journées d’action, les enseignants voudront‑ils se jeter dans un dispositif dont tout le monde comprend qu’il n’est pas à même de permettre de gagner ?. Sur le site du Café pédagogique, l’éditorial pour la semaine du 17 septembre est titré : « une grève peut‑elle arrêter la réforme ? ».  Bien entendu, il s’agit pour ces partisans de « la réforme », de souligner frauduleusement l’impuissance de la grève, en faisant passer une journée d’action pour un véritable combat. La réponse est venue des faits : non une journée d’action ne peut arrêter la contre‑réforme. Cependant, l’application de la contre‑réforme génère des tensions dès cette année scolaire.


Les journées de formation, l’occasion de mesurer ce que signifient les contre‑réformes


En effet, le ministère a décidé de lancer un plan de 8 journées de formation durant l’année scolaire pour tous les enseignants de collège. Afin de ne pas « perturber » l’enseignement dispensé, les « formations », ou une bonne partie d’entre elles, sont placées en dehors du temps de service des enseignants, et les premières convocations arrivent pendant les vacances de Toussaint. Pour les enseignants, il s’agit tout bonnement de surtravail, en plus de leur service. Un certain nombre d’entre eux, désignés volontaires, iraient subir cette formation, contre 50 euros par jours, et formeraient ensuite dans leur collège leurs collègues. Les enseignants rejettent massivement cette manière de faire, cette surexploitation, et une des premières applications à la fois de la contre‑réforme des collèges, et du nouveau statut d’août 2014.

En effet, ces convocations à une formation en dehors du temps de travail sont expliquées par les représentants des chefs d’établissement. P. Tournier, président du SNPDEN, au Café pédagogique :

« Ce sera fait dans les 1607 heures du nouveau décret. La formation est explicitement mentionnée dans sa zone grise. Les enseignants ont 1607 heures comme tous les fonctionnaires dont une majorité composée de travail qui n’est pas devant les élèves. Ce que tout le monde reconnaît. C’est recevoir les parents ou partir en formation. Il ne s’agit pas de partir dans une position extrême mais c’est une question qui doit être prise en compte dans le plan de formation ».

Une telle position est bien entendu aussi celle du gouvernement. Voilà la réalité immédiate du décret de 2014 qui a abrogé les décrets de 1950, avec le soutien de la direction du SNES. Cette dernière n’a eu de cesse de présenter le nouveau décret comme « plus protecteur » que les décrets de 1950, allant jusqu’à s’abstenir au CTM où le nouveau décret était soumis au vote. Mais il faut ajouter, que les enseignants, au‑delà de cet aspect particulièrement révoltant, cohérents avec leur position de rejet de la contre‑réforme, ne veulent pas participer à la formation, y compris lorsqu’elle est dans les heures ouvrables. Il est bien clair qu’il n’est pas possible pour les directions syndicales d’appeler à « investir les journées de formations » tout en faisant mine de s’opposer à la contre‑réforme :, il y a là contradiction dans les termes.

Les enseignants veulent échapper à ces nouvelles contraintes et à ce cadre. Beaucoup se sont adressés à leurs sections syndicales, au point que durant un certain temps, les sections académiques du SNES, comme celle d’Aix‑Marseille, ont appelé au boycott des formations pendant les vacances de Toussaint. Cependant, la position de l’appareil central a prévalu dans la déclaration intersyndicale, les organisations signataires s’adressaent aux enseignants en ces termes :

« Elles restent déterminées à combattre cette réforme, à obtenir son abrogation et la réouverture de discussions sur d’autres bases.

Elles appellent les personnels à se réunir en assemblées générales, à multiplier les initiatives comme ils ont su le faire jusqu’à présent avec le souci de l’unité d’action. Elles soutiennent les collègues qui décident de reconduire la grève.

Elles refusent de s’associer à la mise en œuvre des plans de formation à la réforme. Elles engagent les collègues à refuser toute anticipation de mise en œuvre de la réforme sous quelque forme que ce soit, et en particulier à ne pas se porter volontaires pour les groupes de travail ou les formations ».

Autrement dit, fFaites ce que vous voulez, mais ne comptez pas sur nous pour donner un mot d’ordre clair. Or, il ne peut y avoir de réel combat sans mot d’ordre clair. Dans un premier temps, il s’agit de permettre aux enseignants de se dégager de la mise en œuvre d’une contre‑réforme dont ils ne veulent pas.

Le mot d’ordre que les directions syndicales, en particulier celle du SNES, devraient donc adopter à l’échelle nationale et académique, est celui de l’appel au boycott des formations préparant la mise en œuvre de la contre‑réforme des collèges. Bien entendu, cela pose au‑delà des problèmes immédiats, la perspective du combat  pour l’abrogation de la contre‑réforme des collèges, ce qui nécessite l’affrontement avec le gouvernement, et, à l’opposé de la manifestation en famille, pose la question de la montée de la profession, au ministère pour exiger l’abrogation. Enfin, au‑delà de la contre‑réforme des collèges, la forme que prend la formation pose la question de l’abrogation des décrets d’août 2014 qui ont liquidé les décrets de 1950.


PPCR, les manœuvres putschistes de la direction de la FSU
permettent au gouvernement de passer en force


Après des mois de concertation, le gouvernement entend soumettre à la signature un accord « parcours professionnels, carrière et rémunération » (PPCR). Ce qu’il signifie, le supplément à CPS du 2 septembre l’indique (voir page 16) :, il sagit de frapper au cœur le statut de la Ffonction publique pour permettre la mobilité entre fonctions publiques, entre les corps, afin de poursuivre la politique de fermeture de postes à l’échelle des fonctions publiques d’État et territoriales en particulier.

La FSU s’est engagée dans une large campagne de propagande pour la signature de cet accord, en soumettant aux syndiqués par une consultation Internet le « choix » de la signature ou non, ou plus exactement une sorte de sondage, le choix étant guidé par la présentation qu’en faisait la direction, c’est‑ à‑ dire un progrès salarial… Malgré cette présentation, les résultats étaient fort décevants :, par exemple dans le SNES, les avis positifs représentaient 49% des réponses, fort peu nombreuses par rapport au nombre de syndiqués. Malgré tout, la direction du SNES en concluait qu’elle était légitime pour donner mandat à la fédération de signer l’accord.

Dans le SNUIPP, les sections départementales consultées se divisaient en 31 pour, 30 contre, et 34 qui ne se prononçaient pas ;, malgré ces résultats, le plus grand nombre de mandats, manipulés par la direction, allait à la signature !

Mais les statuts de la FSU sont formels, et déterminés par la direction de la FSU elle‑même :, ils indiquent que pour engager la FSU sur la signature, il faut un vote positif à 70% du CDFN (Conseil délibératif fédéral national), ce qui devait être le cas de celui de septembre chargé de déterminer la position de la fédération. Cette disposition avait déjà empêché la direction de la FSU de signer l’accord « précarité ». Pour la direction de la FSU, il fallait donc s’engager à fond pour continuer à se placer en soutien du gouvernement, et ainsi effacer un peu le fait que, sur les collèges, il y avait eu au moins partiellement opposition.

Malgré les mandats truqués, le compte n’y était pas. Le secrétaire général du SNUIPP a donc d’abord demandé un vote indicatif afin de compter les voix : seulement 60% de votes se prononcèrent pour la signature. C’est alors qu’une suspension de séance a été demandée par le dirigeant du courant Éécole émancipée – tendance animée pour l’essentiel par des militants de groupes issus de la décomposition du NPA et affiliés au Front de Gauche ‑ afin modifier les mandats : appels téléphoniques pour changer le vote des CFR (Conseil fédéral régional), nouvelle manipulation des mandats du SNUIPP, pression dans l’Ecole éEmancipée… Bref, après un trafic éhonté des votes, le résultat était enfin satisfaisant : 70,4%. L’appareil l’emportait à une voix près.

Alors que la majorité des fédérations de fonctionnaires s’est prononcée formellement contre la signature, le gouvernement a décidé de passer outre et de valider l’accord sans les 50% légalement nécessaires. Décidément, le coup de force se fait à tous les niveaux. La signature de la FSU a été cependant déterminante, puisque le gouvernement prétend s’appuyer sur la quasi‑majorité, de 49%, une nouvelle forme de décompte démocratique des voix.

Il est dans ce contexte particulièrement nécessaire de mener le combat pour que la signature, arrachée par l’appareil de la FSU par les moyens du trafic des votes, soit retirée immédiatement ! Le fait que le gouvernement puisse passer en force et s’appuyer sur le trafic généralisé des votes dans la FSU est un coup porté au syndicat même comme organisation de défense des travailleurs de l’enseignement public. La défense du statut de fonctionnaire, la défense de l’organisation syndicale, passe par la poursuite du combat contre l’accord PPCR, et donc le retrait de la signature de la FSU.

La résistance à la signature de l’accord PPCR qui s’est exprimée en réalité dans la FSU manifeste que, même affaiblie par la direction syndicale, la fédération et ses syndicats demeurent des organisations syndicales vivantes, constituées sur le terrain de la défense des personnels, en contradiction avec la politique de son appareil dirigeant. Le courant Front unique s’appuiera sur la volonté de combat des enseignants – à commencer par leur volonté de résister à la mise en œuvre de la réforme des collèges, leur volonté de la voir abrogée.

Car aucun recul ne peut être imposé à ce gouvernement sans l’affronter. Et cet affrontement inclut nécessairement l’affrontement avec les appareils syndicaux qui le protègent.

 

 


Le 30/09/2015

 

 

Texte d’orientation de la tendance Front unique pour les prochaines élections dans la FSU :

 

POUR QUE LA FSU ROMPE AVEC LE GOUVERNEMENT HOLLANDE‑VALLS‑MACRON‑PINEL !

 

 

Un gouvernement totalement aux ordres du capital

Contre le vote de 2012 qui avait chassé Sarkozy et élu une majorité PS‑PCF à l’Assemblée, Hollande et ses gouvernements ont mis leurs pas dans ceux de Sarkozy.

‑ Ainsi la politique de ce gouvernement par rapport aux réfugiés, dont l’afflux a pour cause la misère et les guerres conduites et provoquées par l’impérialisme

‑ Les CRS à Calais, les soldats violeurs en RCA, le soutien et l’armement des régimes d’Arabie Saoudite, du Qatar, d’Egypte, l’accueil triomphal fait à Netanyahou le 11 janvier : voilà la politique de Hollande au service de l’impérialisme français. Aujourd’hui, c’est l’intervention en Syrie

‑ Au nom de la «lutte contre le terrorisme», un arsenal qui permet un flicage illimité : loi anti‑terroriste, loi «sur le renseignement»

‑ C’est aussi en guise de «sauvetage» de la Grèce, un troisième mémorandum accepté par Tsipras, plus dur encore que les deux précédents, affamant la population grecque pour sauver les banques et institutions financières.

Feu sur les acquis des travailleurs : tel est le programme, en Grèce comme ailleurs, de tous les gouvernements attachés à la défense du capitalisme en crise et miné par l’endettement

C’est à cet objectif que répond la mise en pièce des garanties collectives sous la houlette du banquier Macron : loi Rebsamen, loi Macron, projet d’»inversion de la hiérarchie des normes». Pour arroser les patrons des milliards du pacte de responsabilité, on supprime massivement les postes, on fait feu contre l’hôpital public (10% des services d’urgences doivent fermer !). Quant aux 60 000 créations de postes dans l’Éducation nationale, elles se réduisent... à 4 000, les effectifs par classe continuent à croître. Des milliers d’étudiants sont refoulés de l’Université.

Toutes les attaques anti‑ouvrières sont passées grâce au «dialogue social»

Toutes ces mesures ont été préparées minutieusement par de longues séances de «concertation» avec les directions syndicales : rencontre avec les «partenaires sociaux», «conférences sociales»... Gouvernement et MEDEF ne cessent de vanter le «dialogue social» pour faire passer les réformes. Toutes les directions syndicales participent à plein à ce dialogue social dont la direction de la FSU ne cesse de se réclamer.

La direction de la FSU n’a cessé de porter la politique du gouvernement

L’offensive gouvernementale n’a épargné ni la Fonction publique ni l’Éducation nationale. La direction de la FSU «critique» les «politiques d’austérité». Mais la critique s’arrête là où commencent les attaques gouvernementales contre les fonctionnaires et l’Éducation nationale. Sur la Fonction publique, c’est le soutien total à l’accord dit PPCR.

Dans l’enseignement, rappelons :

‑ le refus de la FSU de se prononcer pour le retrait de la réforme des «rythmes scolaires», malgré la mobilisation massive des collègues ;

‑ le soutien ouvert à la liquidation des décrets de 50 dans le secondaire. Cette liquidation permet aujourd’hui à Vallaud‑Belkacem d’imposer une contre‑réforme du collège qui place les enseignants sous la coupe des chefs d’établissement, des CA et conseils pédagogiques. Elle permet de tenter d’imposer aux enseignants la «formation à la réforme» sous forme d’un surtravail gratuit.

‑ le soutien de fait à la création des ComUEs, dans le supérieur et la recherche, en participant aux élections instaurant leur «gouvernance». Cette régionalisation, sous asphyxie financière, va passer par des mutualisations, des suppressions de services, des réductions des effectifs et menace les statuts nationaux.

 Une illustration : comment la direction UA‑EE a arraché la signature de l’accord Fonction publique

De quoi s’agit‑il ? Le gouvernement a fait passer une rafale de lois (loi créant les métropoles, loi de délimitation des régions, loi NOTRe, loi Touraine) visant à la suppression de milliers de postes de fonctionnaires (la seule loi sur les régions entraîne la mutation géographique ou fonctionnelle de 10 000 fonctionnaires). Les garanties actuelles de la Fonction publique constituent un obstacle qu’il faut faire sauter. C’est ce que vise l’accord PPCR dont Lebranchu dit : « Nous travaillons donc à réécrire l’histoire de cette fonction publique, en travaillant notamment sur les grilles statutaires  »

Son maître‑mot : mobilité. Ses moyens : mobilité entre employeurs de la Fonction publique, constitution de corps interministériels, cadres statutaires communs à plusieurs corps, règles statutaires de mutation remplacées par des «directives de gestion», remise en cause du rôle des CAP, constitution de «bourses de l’emploi» sur le modèle du privé, etc.

La direction syndicale a délibérément camouflé ces attaques pour ne parler que de prétendues «contreparties salariales», dont l’essentiel ne devrait intervenir... qu’après 2017 ! Elle a présenté positivement le fait qu’en 2016 la revalorisation du point d’indice serait soumise aux «indicateurs économiques» ? Autrement dit, les revendications sont subordonnées à l’état de santé du système capitaliste en crise, jusqu’à diminuer les salaires !

Au Conseil National du 16/09, comme un premier vote lui interdisait la signature, la direction de la FSU en a organisé un second pour obtenir un résultat favorable. Cela après une interruption de séance pendant laquelle les mandats de certains syndicats nationaux ont été transformés. Les dirigeants de l’EE ont même fait pression sur leurs membres pour qu’ils renient leur vote initial.

 La réforme du collège

Il s’agit d’une offensive destructrice contre l’enseignement public : disparition des horaires nationaux par niveau, réduction massive des contenus disciplinaires, services à rallonge infinie pour les collègues, despotisme des chefs d’établissement et des «petits chefs».

Du fait de l’indignation des collègues, la direction du SNES a dû rompre la concertation, se prononcer pour le retrait de la réforme. En mai dernier, 50% des collègues répondaient à l’appel à la grève. Mais le gouvernement publiait le décret le soir même. La conclusion est que le retrait de la contre‑réforme suppose un vrai affrontement avec le gouvernement. Ce n’est pas la voie qu’a choisie l’intersyndicale : appel à une troisième grève de 24 heures, et à une manifestation nationale un week‑end. N’est‑il pas clair que le véritable affrontement supposerait que la profession soit appelée à manifester là où se prennent les décisions, au ministère, au moment où la ministre ou ses représentants sont présents ?

Mais les déclarations de Bernadette Groison (L’Expresso du 4/09) ne vont pas dans ce sens. Son rejet de la contre‑réforme est de pure forme quand elle réclame la réouverture de la concertation et affirme que «La FSU est pour réussir la réforme du collège…».

Pour que la FSU rompe avec le gouvernement

Accord Fonction publique, réforme des collèges... : pour stopper l’offensive gouvernementale, la première condition tient en une exigence : la FSU doit rompre avec le gouvernement, cesser de conforter son offensive par le dialogue social, en appeler aux autres organisations pour qu’elles fassent de même.

‑ A bas l’accord PPCR ! Défense du statut ! Augmentation générale des salaires via l’augmentation du point d’indice

‑ Défense de l’Ecole Publique ! Retrait pur et simple de la réforme du collège !

‑ Non aux quotas ! Accueil et libre circulation des réfugiés ! Régularisation de tous les sans‑papiers !

‑ Retrait des troupes françaises d’Afrique et du Moyen‑Orient !

Votez, faites voter Front Unique

Le 16/09/2015 (mel@frontunique.com)

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