Éditorial du
bulletin « Combattre pour le socialisme » n°44 (n°126 ancienne série)
- 11 octobre 2011 :
Confrontée à
une brutale aggravation de la crise du capitalisme,
Partout, au
nom de la « lutte contre les déficits », chaque bourgeoisie et son
gouvernement durcissent toujours plus leur offensive contre le prolétariat et
la jeunesse.
La dette n’est pas celle des
travailleurs et des jeunes. Ils n’ont pas à payer pour cette dette.
Il faut dresser
l’exigence immédiate adressée aux organisations du mouvement ouvrier (partis et
syndicats) :
l Prononcez-vous contre le
remboursement de la dette !
l Rompez avec la bourgeoisie et ses
gouvernements ! Aucune concertation avec le gouvernement
Sarkozy-Fillon !
l Réalisez le Front Unique en
défense des acquis ouvriers, pour défaire le gouvernement et le chasser
Une nouvelle étape dans la
crise
Le 21
juillet, les dirigeants de l’UE et de la BCE ont enregistré le fait que la
Grèce ne pouvait pas payer. Ils ont entériné la dévalorisation des obligations
grecques, et le rachat de celles-ci à prix dévalués ‑ sur le
dos des travailleurs ‑ dans le simple but, ‑ dont
la réalisation est d’ailleurs aléatoire ‑ d’éviter
l’effondrement des banques exposées à la dette grecque. En clair, ils ont
décidé de voler au secours non de la Grèce mais de leurs propres banques. Mais
leur incapacité à juguler la crise est apparue immédiatement. A peine le plan
annoncé, sa mise en œuvre est remise en cause. Quelques jours après, les taux
d’intérêt des obligations italiennes, espagnoles ont à nouveau battu des
records. Un mois plus tard, on annonce qu’en Grèce, la dette est « hors
contrôle ». En arrière fond, il y a le spectre de la faillite de ces
Etats, et derrière, de nouvelles faillites bancaires ‑ l’exposition
des banques françaises à la dette italienne est 10 fois plus importante qu’à la
dette grecque -, et l’effondrement de la zone euro et de l’Union européenne.
Mais il
ne s’agit pas seulement de l’Europe. Quelques jours plus tard, Standard &
Poor’s dégradait la note de la dette US, malgré l’accord Démocrates –
Républicains décidant de couper à hauteur de 1000 milliards de dollars dans les
budgets publics. La dette US vient de passer le cap des 100% du PIB. Elle a
doublé en quatre ans.
Mais derrière « la crise de la dette » et
la récession annoncée, il y a la menace de la dépression, d’un effondrement
économique. Le chômage bat de nouveaux records dans les pays
impérialistes ; aux USA en particulier, dans l’industrie comme dans les
banques, des milliers de licenciements sont annoncés. Même les pays présentés
comme des « locomotives » de l’économie mondiale sont atteints. La
croissance allemande au deuxième trimestre 2011 est nulle. Comment s’en
étonner ? L’économie allemande est étroitement dépendante de ses
exportations, en particulier sur le marché américain. Or celui-ci s’étiole.
Le
marché étant mondial, nul ne peut échapper à la crise. Ce qui donne une idée de
la catastrophe qui se prépare en Chine qui, plus encore que l’Allemagne, dépend
étroitement des marchés américains et européens.
La crise manifeste que tous
les expédients
par lesquels l’impérialisme a repoussé les échéances ont fait long feu
Face à
cette déferlante, l’impuissance de la classe bourgeoise à juguler la
catastrophe saute aux yeux. Rachat des obligations d’Etat par la BCE, maintien
des prêts à taux zéro par la FED (c’est-à-dire continuation des cadeaux
gigantesques aux banques) : rien n’y fait. La dégringolade boursière
continue. Et, en tout état de cause, nul ne peut attendre de ces mesures une
relance de la production. Le seul résultat possible est plutôt un nouveau coup
de fouet à la spéculation, le capital ne pouvant trouver sur le terrain de la
production des débouchés permettant de réaliser les profits suffisants.
Laissons conclure un éminent expert économique de la bourgeoisie, Joseph
STILGITZ (Le Monde 17 août) : « Quelles que soient les mesures
adoptées, les choses vont empirer ».
Mais
au-delà des dernières péripéties, comment en est-on arrivé là ? Les
représentants du capital répètent en choeur : « » Nous » avons vécu
au-dessus de nos moyens. « Nous » avons laissé s’accumuler une dette
phénoménale. Il faut maintenant payer la note ». Dans la bouche de ces
derniers, « Nous », ce sont les travailleurs et les jeunes :
trop d’acquis sociaux, trop de retraites, trop de services publics, trop de
droit à la santé, trop de salaires, trop de code du travail. Et donc « nous »
devrions payer la note.
Qu’en
est- il en réalité ? Le système capitaliste tend par nature à une
production à une échelle toujours plus large. Mais il ne peut faire de profit
que pour autant qu’il réalise la plus-value, c'est-à-dire qu’il trouve sur le
marché à vendre les marchandises produites dans des conditions qui permettent
cette réalisation. En même temps, il ne peut extraire la plus-value que pour
autant qu’il augmente l’exploitation des travailleurs, donc limite d’autant le
marché. Or celui-ci, depuis que le système impérialiste s’est étendu sur la
planète entière, ne peut plus s’étendre davantage. Certes, le rétablissement du
capitalisme en Russie, en Chine, en ouvrant de nouveaux marchés et en mettant à
la disposition du capital une main d’œuvre monstrueusement surexploitée,
particulièrement en Chine, lui a donné un répit. Mais depuis des décennies,
c’est par un recours toujours plus large au crédit qu’il a tenté de desserrer
l’étau constitué par les limites du marché. Et le crédit, c’est d’abord le crédit
des Etats s’endettant toujours davantage, en particulier pour financer des
budgets militaires en permanente extension, l’économie d’armement jouant un
rôle de volant d’entraînement pour l’ensemble de l’économie, notamment dans la
principale puissance impérialiste : les USA. Et c’est dans les guerres de
rapine impérialistes qu’une partie de ces armes trouvent à s’employer :
sur 14000 milliards de dettes US, 3000 milliards viennent de la guerre d’Irak,
1000 de la guerre d’Afghanistan.
Il faut
ajouter que la « croissance » antérieure à 2008 s’appuyait,
particulièrement aux USA, sur une formidable spéculation boursière, la
valorisation boursière étant sans aucune commune mesure avec la création de
richesses réelles… jusqu’à ce que la réalité vienne brutalement interrompre la
fièvre boursière.
En
2008, les montagnes de dettes irrécouvrables ont mis en faillite ou au bord de
la faillite les banques. De cette faillite, les banquiers, qui pendant des
années avaient proposé des crédits en particulier immobiliers relevant du
gangstérisme pur et simple, portaient la responsabilité intégrale. Pourtant ce
seront les Etats ‑ sur le dos des travailleurs ‑ qui
vont les renflouer, la dette d’Etat subissant une nouvelle énorme accélération.
Et ce sont les mêmes banquiers qui, ayant acheté ces dettes d’Etat, exigent
aujourd’hui d’être remboursés et, pour les pays les plus
« fragiles », à des taux usuraires !
Ainsi
la « crise de la dette » n’est que la face émergée de l’iceberg. La
crise dont il s’agit, c’est la crise de surproduction, celle du capitalisme,
d’un système tout entier orienté vers la réalisation du profit de la classe
dominante et non de la satisfaction des besoins des masses, d’un système
putréfié et agonisant. Le capitalisme, pour se remettre en marche, doit procéder
à une immense purge des forces productives. Et plus encore que la fermeture des
usines, la dévastation économique de régions entières et la mise au rebut des
moyens de production, c’est le prolétariat, la force de travail, qui est au
cœur de cette gigantesque destruction nécessaire.
A l’ordre du jour, pour la
bourgeoisie et ses gouvernements :
rétablir des conditions d’exploitation qui ramèneraient le prolétariat des
décennies en arrière
Des USA
à l’Italie, de la Grande-Bretagne à l’Espagne, les plans gouvernementaux sont
les mêmes : réduction massive des indemnités chômage, suppression de
centaines de milliers d’emplois de fonctionnaires, augmentation de l’âge de
départ à la retraite, liquidation des droits en matière de santé,
« libéralisation » du marché du travail – c'est-à-dire disparition de
toute protection du travailleur face au licenciement. Et dans le même temps,
maintien et extension des cadeaux fiscaux à la bourgeoisie (Faut-il rappeler
que Total paie zéro euro d’impôt en France ?). Et pour imposer ces
nouvelles mesures, la plus brutale répression. En Grande-Bretagne, des années
de prison contre les jeunes « émeutiers » acculés à la révolte par le
chômage, la misère, la précarité. Aux USA, deux travailleuses de l’entreprise Verizon menacées de 18 mois de prison pour participation à
un piquet de grève. Ce ne sont que quelques exemples…
Le
gouvernement Sarkozy-Fillon n’est pas en reste : fichier des bénéficiaires
des indemnités sociales, annonce triomphale du record d’expulsions de
travailleurs sans papiers établi cette année (30 000)…
Les tentatives de combat du
prolétariat
se heurtent à la politique de soutien aux plans de la bourgeoisie des
directions syndicales
Aux Etats-Unis comme en Europe, à la suite des premiers assauts
révolutionnaires des masses en Tunisie et en Egypte, les masses ont tenté de
combattre. Mais, invariablement, elles se sont heurtées à la politique des
partis issus du mouvement ouvrier et des directions syndicales entièrement
soumises aux exigences du capital et de ses plans. En Europe, en Grèce, en
Espagne, et hier encore au Portugal, ce sont des gouvernements dirigés par des
partis socialistes qui ont pris les plus violentes mesures contre les masses.
Aux Etats-Unis, une importante mobilisation s’est développée contre les plans
des gouvernements de différents Etats. Au Wisconsin, des milliers de
manifestants ont envahi le siège du gouverneur. Mais ce sont les dirigeants
syndicaux qui, une fois rétablis dans leur rôle de « négociateurs »
un temps remis en cause, ont signé l’accord entérinant toutes les attaques
contre les retraites, les postes de fonctionnaires, etc. En Grèce, au Portugal,
les dirigeants syndicaux loin de se prononcer contre le remboursement de la
dette, pour le retrait des plans d’austérité, d’organiser le combat contre les
gouvernements qui les mettent en place, demandent simplement que les délais de
paiement de la dette soient revus, c'est-à-dire se prononcent pour le paiement
de la dette et de ses intérêts usuraires. Est apparu ensuite le mouvement dit
des « indignés » : mais ceux-ci ne se réclament pas moins que
les dirigeants syndicaux de la « concertation », de la
« participation citoyenne ». Ils rejettent tout combat de classe
contre les gouvernements bourgeois au nom d’une rhétorique creuse préconisant
l’« apolitisme » et la « non-violence ».
L’association
des dirigeants syndicaux a elle-même franchi un nouveau palier avec les
derniers soubresauts de la crise. C’est ce dont témoigne la déclaration commune
des représentants du patronat italien (Cofindustria)
et des directions syndicales, en particulier celles de la CGIL : « Nous regardons avec inquiétude le
cours récent des marchés financiers… Pour éviter que la situation italienne
devienne insoutenable, il faut immédiatement recréer dans notre pays les
conditions pour retrouver la normalité sur les marchés financiers avec une
immédiate récupération de la confiance des investisseurs. A cette fin, il est
nécessaire de conclure un Pacte pour la croissance qui engage toutes les
parties sociales ; il faut à tous un grand sens des responsabilités et une
discontinuité capable de réaliser un projet de croissance du pays en mesure
d'assurer la soutenabilité de la dette et à nouveau
la création d'emplois. »
Les dirigeants syndicaux en
France sur la voie de leurs alter ego italiens
Les
dirigeants syndicaux en France entendent emprunter la même voie. Car la France
n’est nullement à l’abri de l’envolée des taux d’intérêt sur la dette : sa
dette a augmenté de 30% en 3 ans ; ses plus grandes banques sont menacées,
sa place sur le marché mondial décline. Les déclarations de Fillon du 24 août
ne font qu’amorcer une nouvelle vague d’attaques contre la population
laborieuse en préparation, en particulier, à l’occasion du budget 2012. La
prétendue « contribution des riches » est dérisoire. La seule mesure
un peu « sérieuse » pour les capitalistes est le doublement de la
taxation des mutuelles, qui sera de toute manière répercutée sur les adhérents.
La directrice du FMI, Lagarde, à peine sortie du gouvernement, a déjà indiqué
qu’il faut tailler beaucoup plus profondément dans la chair des acquis
ouvriers : augmenter à nouveau l’âge de la retraite à 65 ans, par exemple.
D’autres « propositions » fusent de toute part : multiplier par
4 ou 5 le prix des inscriptions universitaires, remplacer les départs en
retraite dans la Fonction Publique par des contrats de droit privé, liquider le
statut des enseignants contenu dans les décrets de 50, etc.
Mais
une offensive d’une telle violence n’est pas possible sans s’assurer la
coopération, totale et étroite, des directions syndicales. Revendiquer une
telle coopération : tel est le sens de l’appel intersyndical du 18 août.
Il est signé par tous les dirigeants, sauf FO qui se félicite « d’avoir été entendu » (par
le gouvernement) à l’instar de Thibault, qui parle des « demi-mesures » du plan Fillon. Dans l’appel du 18 août,
on peut lire :
« A la crise économique et sociale de
2008 aux effets durables, s’ajoute la crise des dettes publiques de la zone
Euro. Celle-ci et la nature des réponses politiques apportées par l’Union et
les Etats membres menacent en permanence la stabilité de la monnaie commune et
l’avenir de l’Union Européenne. Les conséquences sont lourdes pour les salariés
(…) Face à l’atonie de la croissance et à l’aggravation de la crise des dettes
de la zone Euro, le gouvernement a prévu d’annoncer le 24 août des
« mesures destinées à réduire le déficit de la France » (…) La
situation nationale est préoccupante. Les politiques menées et le faible niveau
de croissance ne réduisent pas le chômage et mettent en cause la cohésion
sociale et la solidarité (…) L’intersyndicale, réunie ce jour, demande la tenue
d’une véritable concertation sociale avec le gouvernement et le patronat pour
examiner les mesures à prendre pour soutenir la croissance, soutenir l’emploi
et réduire la dette tout en garantissant la cohésion sociale. D’ores et déjà,
l’intersyndicale estime indispensable l’intervention des salariés. Elle se
réunira le 24 août au soir pour envisager les suites à donner. Celles-ci viseront
à débattre avec les salariés des solutions à apporter et à organiser avec eux
l’action pour faire pression sur le gouvernement et le patronat. »
Ainsi,
aux revendications ouvrières, il faudrait substituer… la défense de la
stabilité de la monnaie commune, celle de l’avenir de l’Union Européenne, la
lutte… pour la réduction de la dette : bref, le programme entier du
gouvernement et du patronat ! Ainsi en particulier, il reviendrait aux
travailleurs de payer pour la dette de la guerre en Libye et en Afghanistan, la
dette des cadeaux faits par milliards d’euros aux banquiers et patrons depuis
2008, la dette du train de vie somptuaire de Sarkozy lui-même, la dette des
ristournes fiscales à Liliane Bettencourt…. Et c’est sur ces objectifs communs
que les dirigeants syndicaux réclament à hauts cris leur place dans le
« dialogue social » !
Et
c’est sur ces objectifs qu’ils appellent à une journée d’action le 11 octobre
(et à la grève le 27 septembre dans l’Education nationale).
Comment s’ouvrir la voie du
combat contre l’avalanche d’attaques qui se prépare ?
La
première urgence est donc claire : il faut organiser partout le combat
dans les organisations syndicales, parmi les travailleurs contre l’orientation
de l’appel du 18 août visant à interdire au prolétariat de combattre sur son
terrain de classe ; donc sur l’orientation suivante :
-
Dirigeants syndicaux, prononcez-vous pour le rejet de la dette : les
travailleurs n’ont pas à payer un seul euro de cette dette ! Rompez le
dialogue social avec le gouvernement ! Ne vous rendez à aucune invitation
de Fillon !
- Le
budget 2012, la loi de financement de la Sécurité sociale vont concentrer
l’ensemble des attaques. Dirigeants syndicaux : préparez la manifestation
centrale, nationale de toute la classe ouvrière et de la jeunesse à l’Assemblée
à l’ouverture de la discussion parlementaire sur le budget.
A
l’inverse de la demande des appareils syndicaux d’une « véritable concertation sociale avec le gouvernement et le
patronat », il faut combattre pour le Front Unique des organisations
du mouvement ouvrier (partis et syndicats) pour affronter et vaincre le
gouvernement Sarkozy-Fillon sans attendre les présidentielles de 2012.
Il n’y a pas d’autre issue
que le combat pour le socialisme.
Pour cela, il faut œuvrer à la construction d’un véritable parti ouvrier
révolutionnaire
Dans la
situation faite aux travailleurs et aux jeunes, la responsabilité des
directions syndicales est immense. La responsabilité des dirigeants du PS,
accessoirement du PCF, ne l’est pas moins. Le PS et ses différents candidats
portent contre Sarkozy l’accusation principale… de ne pas combattre
sérieusement les déficits. Ils se font fort, s’ils sont au pouvoir, de payer
plus vite et mieux les banquiers créanciers et ce n’est qu’à ce titre qu’ils
refusent de voter la « règle
d’or » imposant un budget en équilibre. Ils ont engagé une course
entre eux à celui qui ira le plus loin dans la mise en œuvre de la
« rigueur ». Mais il n’y a pas de « rigueur » pour
l’intervention impérialiste en Libye qu’ils ont soutenue au Parlement à la
quasi-unanimité des élus PS. Quant au PCF, il s’est prononcé pour la
candidature de Mélenchon aux présidentielles. Celui-ci vient de proposer ses
« solutions » : pour le « protectionnisme européen » ‑ pour
protéger « notre » capitalisme de la concurrence des autres ! -,
pour que la BCE prête directement aux Etats à taux réduits – ce qui revient à
dire que la dette antérieurement accumulée doit être remboursée par eux,
compris les intérêts usuraires ! Et ce qui revient à faire croire que la
BCE pourrait être autre chose qu’un organe de défense des intérêts des
capitalistes et banquiers !
Les uns
et les autres situent leurs propositions dans le cadre du capitalisme qu’il
faudrait remettre en marche. Mais ce que montre avec éclat l’actuelle crise
d’agonie du système capitaliste, c’est que ce dernier ne peut être amendé (un
peu plus pour le travailleur, un peu moins pour le capitaliste), mais qu’il
faut le renverser : ce qui veut dire exproprier le capital. Comment
imposer la dénonciation de la dette de l’Etat sans mettre immédiatement à
l’ordre du jour l’expropriation des banques ? Sans l’étatisation du
système de crédit ? Renverser le capitalisme veut dire établir la
propriété collective des moyens de production sur la base de laquelle la classe
ouvrière pourra elle-même décider de ce qui doit être produit pour satisfaire
les besoins de la population laborieuse. Cela commence par le combat pour en
finir dans chaque pays avec le gouvernement de la bourgeoisie. Mais renverser
le capitalisme est un objectif qui ne saurait être atteint à une échelle
nationale. A l’Union européenne des banquiers et des capitalistes, il faut
opposer les Etats Unis Socialistes d’Europe.
Cela
implique évidemment de combattre immédiatement pour le refus de payer la dette,
de combattre tous les plans du gouvernement visant à détruire les acquis
sociaux, d’opposer aux plans de licenciement l’échelle mobile des heures de
travail (le partage du travail entre toutes les mains disponibles sans
diminution de salaires), d’opposer à la baisse du pouvoir d’achat rongé par
l’inflation, l’échelle mobile des salaires.
Un tel
combat est inséparable de celui pour un véritable gouvernement ouvrier à même
de le mettre en œuvre. Il faut lutter pour la constitution d’un gouvernement du
Front Unique des organisations du mouvement ouvrier dont les travailleurs
exigeront satisfaction de leurs revendications.
A
l’échelle de leurs forces, les militants regroupés autour du bulletin
« Combattre pour le Socialisme » militent sur cette orientation. Mais
il n’y aura de possibilité pour le prolétariat de les faire valoir, et donc
d’échapper à la barbarie que promet la perpétuation du capitalisme pourrissant,
sans la construction d’un véritable parti ouvrier révolutionnaire, à l’échelle
internationale, d’une Internationale Ouvrière Révolutionnaire. C’est à cette
tâche que nous vous invitons à vous associer.
Le 14 septembre 2011
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